Parcoursup est le nom à la bouche de tous les lycéens et leurs familles. Cette nouvelle plateforme d’admission post bac promettait plus d’encadrement, une meilleure efficacité et moins de stress. Mais, finalement qu’en est-il ? Tentons de dresser le bilan en comparant Parcoursup et son ancêtre APB.

Quelles sont les différences entre Parcoursup et APB ?

Alors que 2017 signait la fin d’APB, 2018 aurait dû être l’année de révolution du nouveau dispositif Parcoursup. Tout commence en juillet 2017 avec les résultats désastreux d’APB. En cause, le tirage au sort qui se voit totalement remis en question. C’est alors tout le dispositif qui est à revoir et c’est ce à quoi s’attelle alors Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et ses équipes afin de mettre un terme à ce système.

Le changement finit alors par s’opérer et le 15 janvier dernier, nous découvrions Parcoursup. Alors, quelles différences avec APB ?

Tout d’abord, les lycéens n’ont plus à mettre de l’ordre dans leur vœux d’orientation, c’est alors seulement 10 vœux avec un ordre quelconque. Ensuite, le conseil de classe a désormais son mot à dire sur tes vœux formulés, mais cet avis n’était que consultatif et n’influençait en rien la demande. Un des critères de sélection d’APB qui concernait le domicile du candidat n’est plus pris en compte et le lycéen peut désormais postuler dans une autre académie. Enfin, les 3 incontournables phases de réponses d’APB n’existent plus et Parcoursup fonctionne désormais comme un modèle de réponses données en continu (entendez par là, des réponses au fur et à mesure).

Mais, le gros changement recèle en cet algorithme de sélection qui est terminé. Le « tri » se voit désormais totalement humanisé  et c’est en cela que la plateforme aurait dû promettre un meilleur encadrement et accompagnement. Cependant, même avec tous ces efforts, le dispositif Parcoursup ne vaut mieux pas mieux que son prédécesseur.

L’heure du bilan a sonné

Lors de l’approche du baccalauréat 2018, l’ex-présidente de l’université de Nice-Sophia-Antipolis relevait : « L’année dernière, à la même époque, à quinze jours du bac, personne ne savait où il irait dans l’enseignement supérieur ». Alors oui, nous pouvons être d’accord avec elle, cependant ces données ne sont pas comparables. En effet, le calendrier des phases de réponse étant différent, nous ne pouvons malheureusement pas exactement comparer en termes de chiffres les résultats d’APB et Parcoursup sur les mêmes périodes.

En effet, de nombreux indicateurs fausseraient totalement cette analyse. Parmi eux, le nombre de candidats ayant obtenu leur vœu numéro 1. Cet indicateur est totalement faussé avec l’absence de hiérarchisation des vœux sur Parcoursup. Combien de candidats ont ou vont accepter la formation dont il rêvait ? Combien de candidats se voient ou se verront accepter une formation par dépit ?

En 2017, à la veille du bac, 156 000 élèves n’avaient reçu aucune proposition, soit 19% des candidats d’APB et en 2018, ils ont été 174 600, soit 21,5% des candidats inscrits sur Parcoursup. C’est alors + 18 000 élèves de plus que l’année dernière qui ont passés leur baccalauréat sans avoir eu une seule proposition d’orientation pour l’année prochaine. La raison principale selon Gabriel Attal, député des Hautes-Seine et porte-parole de la République en Marche serait que le processus est forcément plus lent puisque ce n’est plus un algorithme qui traite les réponses mais l’humain. Mais la réponse au problème se trouvait-elle réellement là ?

Les conclusions de ce nouveau dispositif pourront être tirées concrètement après la phase officielle de l’admission Parcoursup qui sera le 5 septembre prochain. En attendant aujourd’hui, un suivi de la phase d’admission Parcoursup est mis un à jour quotidiennement sur le site du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Mais, même si nous ne pouvons pas encore réellement comparer les chiffres de Parcoursup et APB dû à un calendrier et un fonctionnement totalement différent, le verdict reste tout de même sans appel sur ce nouveau dispositif n’ayant pas eu l’effet escompté par le gouvernement.