Le 15 janvier dernier ouvrait la plateforme qui succède à l’incontournable APB (Admission Post Bac) : Parcoursup. Présentée par la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal et le Ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer comme « une procédure simple, juste et transparente », on dirait bien que Parcoursup se retrouve plutôt être perçu comme « une procédure complexe, injuste et pas si transparente qu’elle n’en a l’air ».

Les promesses de Parcoursup

Après l’échec d’APB depuis quelques années maintenant, les ministres de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale ont souhaité mettre en place une nouvelle plateforme qui se voulait être une révolution dans le processus d’admission post-bac. C’est alors près de 800 000 lycéens et étudiants en réorientation qui attendaient impatiemment de formuler leurs vœux d’orientation parmi les 12 000 formations proposées par la plateforme. Les lycéens et leur famille avaient donc de quoi se rassurer.

Frédérique Vidal, déclarait à ce moment sur Europe 1 : « Le baccalauréat reste le diplôme d’accès aux études d’enseignement supérieur. Les élèves moyens ont tout à fait leur place à l’université, mais on va les aider à mieux réussir. Ils ont la place de leur choix. L’objectif c’est qu’ils fassent des vœux et qu’on puisse les accompagner dans la réussite. »

Jean-Michel Blanquer lui, insiste sur la réussite de tous les élèves et l’importance de l’Etat dans ce parcours : « Le but, c’est la réussite de tous les élèves. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Nous travaillons pour que cela change, mais avec des choses sérieuses. »

La plateforme se présentait pourtant de manière très intuitive et tout avait été mis en place pour que les principaux intéressés que sont les lycéens et leurs parents, puissent avoir accès à un maximum d’informations.

Selon l’Etat, l’objectif était donc un meilleur accompagnement, assurer la réussite de tous les élèves, que chacun soit affecté dans l’établissement et la filière qu’il souhaite… Pourtant, la réalité a très vite fini par rattraper le rêve … Lumière sur un système défaillant.

Quand le rêve devient cauchemar

Le 6 juillet dernier, les résultats du bac sont tombés… Mais une majorité de bacheliers se retrouvent incertains quant à leur avenir et ne savent pas ce qu’ils feront de cette prochaine rentrée scolaire 2018/2019.

D’après les indicateurs du 7 août 2018 sur le site du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :

  • 50 492 candidats sont inactifs dont 30 938 lycéens
  • 16 453 candidats souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur via Parcoursup dont 9 578 lycéens
  • 153 063 candidats ont quitté la procédure

Une situation qui affole tout le monde et surtout les lycéens qui sont stressés, dans l’attente et qui se retrouvent démunis face à l’échec de ce nouveau dispositif.

Que fait le gouvernement ?

Le gouvernement de son côté tente de camoufler au mieux les faillites de ce système. La meilleure solution était de commencer à évoquer le dit « surbooking » dans les universités … Réalité ou mensonge ? Une chose est sûre, l’Etat souhaite rétrécir les listes d’attentes et pour cela demande aux universités d’accepter 10% d’étudiants de plus que le nombre de places qu’elles disposent actuellement. Cependant, ne serait-il pas normal de soulever le fait que les amphithéâtres en université sont déjà « surbooké » … Alors quelles conditions d’enseignement pour les étudiants ? La solution se trouve-t-elle réellement dans la libération de places dans les établissements ?

Selon l’Union Nationale Lycéenne (UNL), la faillite était attendu mais pas de cette ampleur. D’autant plus que le gouvernement ne s’arrête pas à la libération de places dans les universités, mais il continue à camoufler la situation en optant pour un nouveau tableau de bord de la plateforme Parcoursup jouant sur les mots. On y retrouve la fameuse catégorie de « candidats inactifs », un terme qui minimise pas mal la situation, pour ne pas dire « les candidats n’ayant aucune affectation », les candidats « ayant accepté une proposition » mais pas forcément définitivement, ceux qui ont « quitté la procédure » et enfin ceux qui « souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur via Parcoursup. Une décision très maline qui nécessite d’additionner le chiffre de ces catégories afin de connaître le nombre exact d’élèves se retrouvant sans établissement scolaire pour la rentrée scolaire 2018. Le cas Parcoursup soulève le grand problème de la déscolarisation en France, qui pourrait bien devenir un fait si la solution ne venait pas à s’améliorer très vite.

 

La rentrée scolaire approche à grands pas et pour certains lycéens, l’espoir se restreint de jour en jour. Que penser de cette nouvelle plateforme qui aurait dû faciliter la demande d’affectation en établissement supérieur ? Doit-on regretter APB ?